samedi 31 décembre 2011

Le roi est mort, vive le roi!

Cette année passée:

- j'ai croisé mes cousines à l'enterrement de ma grand-mère et j'ai refusé de leur donner mon numéro de téléphone (j'en ris encore).

- mes jambes et mes fesses ont collé à un siège de l'ambassade américaine à Paris tellement je suais.

- j'ai trouvé une crotte dans une chaussette (je vous rassure, pas la mienne).

- j'ai découvert que j'étais capable d'être patiente et douce, même en trouvant une crotte dans une chaussette (je vous rassure, en échange de dollars).

- j'ai été bloquée avec ma petite famille pendant une heure et demie dans une voiture pourrie (re)tombée en panne à une station de péage entre Boston et chez moi, et croyez-le ou non, on a tous bien rigolé en attendant la dépanneuse (towtruck, je m'en souviendrai).

- j'ai enfin acheté une voiture (rouge) laquelle dispose d'un marche-pied pour t'aider à monter dedans avec élégance.

- mon fils m'a dit que je valais pas mieux que lui.

***

Pour l'année à venir, il n'y a rien à me souhaiter (à part de ne pas trouver de crotte où que ce soit), parce que mes enfants sont en bonne santé quoiqu'insolents, et que je vis avec un homme superbe qui m'adore.

De mon côté, pour cette année 2012, je souhaite au monde en général et à mes lecteurs en particulier un président socialiste en France, moins de pleurs, peu de drames, quelques fleurs, plus de rires et beaucoup de fric.


samedi 24 décembre 2011

Magie de Noël

Des soirées ratées, bien des disputes au déjeuner, des invités malpolis, des emmerdeurs vomissant, une quinzaine de putains de sapins qui perdent leurs épines partout, une agonie de chat en pleine nuit, un réveillon chez des joyeux connards avec feuilletés aux saucisses, des milliers d'euros dépensés en playmobils qui ont perdu leurs cheveux, jouets en bois sabotés ou beaux livres qui croupissent dans une cave à 5000 km de là, un décès de grand-mère préférée en direct et sans ses dents, des angoisses sur des routes gelées d'Europe de l'Est, et aujourd'hui, au fin fond du nouveau monde, par 0° et sans voiture, sans pain, sans vin et sans cadeaux, dans l'angoisse d'une panne d'électricité.



Magie de Noël mon cul.

dimanche 18 décembre 2011

Mes tchèques et moi

Quand j'étais petite fille, j'ai reconnu les mots "Vaclav Havel" dans un discours suivi d'applaudissements, j'ai entendu des tchèques se réjouir dans les rues de Prague et j'avais l'impression d'y être et de participer à quelque chose de grand (j'étais une petite fille étrange).


Pas longtemps après ça, j'ai décidé que le Valmont de Milos Forman était le seul et l'unique, et depuis je suis amoureuse en secret de Colin Firth et je déteste John Malkovitch. Et Mozart a un rire absurde et portait des perruques punks.


Quelques années encore et je me mettais à écrire des nouvelles terriblement originales dans des cahiers de brouillon où en règle générale une jeune fille se réveillait un matin, entravée dans ses draps sans aucune possibilité de bouger ou de faire quoi que ce soit car devenue mystérieusement une blatte au court de la nuit.


Plus tard, à l'occasion d'un scandale pas joli-joli, j'ai été rapidement convaincue que quelqu'un d'aussi sombre et torturé que Milan Kundera a bien dénoncé son pote à la police communiste dans les années 50 (à sa décharge, je lui concède une histoire de femme derrière tout ça, sans doute une serveuse rousse).


Enfin, il y a deux ans, j'ai passé les fêtes à zlatà Praha, j'ai mangé dix fois du goulasch, mon mari a porté une kippa en papier, mon fils était plus grand que certaines portes de la Zlata ulicka et ma fille a vu son premier feu d'artifice depuis le Belvedere.

En général, quand les grands de ce monde décèdent comme de bien entendu, j'en ai rien à secouer mais aujourd'hui, ça me fait quelque chose, car c'est avec Vaclav Havel que mon voyage a commencé.

samedi 17 décembre 2011

Joyeux Noel Felix

En France, à Noël, si tu es populaire, tu reçois de la part d'un petit quart de tes élèves des petites boîtes de chocolat Lindt, des Ferrero Rocher ou des sablés maison (les hommes ayant une option bouteille de rouge par droit du sexe).

Mais dans mon nouveau pays, ça rigole pas.


D'accord, on est deux. Mais quand même.


vendredi 9 décembre 2011

Un jour sans fin

Aujourd'hui, mon crétin malin de fils a bouché les vécés et la voiture qu'on nous prêtait jusqu'alors est décédée d'embrayage (le tout avant 8:00 am). Les toilettes ont été débouchées grâce à l'action manuelle de mon bel amour armé d'une ventouse. Pour des raisons de credit card et de permis de conduire pas tout a fait valides, la situation automobile craint et il va falloir trouver une solution demain.
Pour fêter l'évènement de notre anniversaire de chéri-chéri qui coïncide avec cette journée de merde, on a acheté une bouteille de vin bien nommée et on a fait chauffer la visa pour un bout de brie et une baguette.


En plus j'ai même plus de coton pour me démaquiller.
Et puis j'ai un peu froid alors je sens que je vais pirater l'internet pour regarder un épisode bien pourrave d'"un dîner presque parfait" pour me remonter le moral. J'espère qu'il y en a un qui se passe dans le Nord-Pas-de-Calais. Ou bien dans le Sud, avec des tarés qui font de l'anchoïade sur la plage, en prononçant "anchois-yade" et pas "ancho-iade".
A part ça j'ai des trous dans tous mes collants et j'ai rien à me mettre pour lundi.
Heureusement, ce matin, j'ai reçu une Gift Card avec une boîte de friandises. Mais elle était pleine de grosse boules en chocolat fourrées de peanut butter.

dimanche 27 novembre 2011

Comme à la télé #5 spécial enfants

Aux Etats-Unis, ce n'est pas une légende, les enfants se promènent parfois en pyjama. Ou en tutu. A l'école, par exemple.

Et ils mangent des crackers tartinés de cheddar (ou de peanut butter) au goûter. Ou des sticks de mozzarella. Ou des rouleaux de jus de fruit gélifié. Ou des gummies en forme de lapin. Ou de la pizza froide. Ou des chips.

Le goûter ça s'appelle le snack et c'est ni vraiment à 10h ni vraiment à 16h, mais un peu tout le temps.

Par ailleurs ils sont très capricieux et paresseux, mais ils feront exactement ce que tu leur demandes si tu leur promets un sticker après.



Rayon grands enfants:

Aux Etats-Unis, pour peu que vous ayez un air juvénile, on vous demande vraiment votre carte d'identité quand vous voulez acheter de l'alcool. (Je devrais peut-être cesser de m'épiler les cheveux blancs).

Les pompom girls sont vraiment des pauvres filles, mais grâce à l'une d'elle j'ai eu mon premier fou rire américain (le deuxième grâce à mes talents d'imitatrice d'une prof de musique enrhumée mais ça n'a rien à voir).

vendredi 25 novembre 2011

Black friday

Il est 7:05, je n'ai pas encore fini de digérer ma dinde d'hier, je suis dans mon lit, je commence l'avant-dernier livre qu'il me reste en français (Paul Auster, la blague), le soleil illumine les carreaux de ma chambre, j'aperçois la neige glacée qui fait encore ployer les branches des arbres autour de la maison, je mélange mes pieds à ceux de mon aimé et j'entends des tas de putain de coups de fusil.

Bonhomme de neige avorté

jeudi 24 novembre 2011

Joyeuse action de grâce

Aujourd'hui, c'est Thanksgiving, et on m'a demandé un tas de fois comment on dit "Thanksgiving" en français.
Je me débrouille très mal en anglais (je pensais pas que ce serait à ce point vu que je comprends tout aux films ou aux séries en VOST) mais alors quelle galère d'expliquer que d'après ce que j'en sais les canadiens disent "action de grâce" et que ça me paraît très religieux mais qu'en France cette fête est connue comme "Thanksgiving" même si on la fête pas (et pour cause), (ce qui semble surprendre beaucoup, d'ailleurs, qu'on ne fête pas Thanksgiving)...



Bref, pour nous c'est une première, et peut-être la dernière, alors on va bien en profiter!
Tschüss

samedi 12 novembre 2011

Mon supermarché trop cool

En France, nous faisions nos courses à Cora, le mardi soir, parce que mon mari s'était mis en tête d'avoir des points Cora pour gagner des trucs, et pour avoir des points Cora, fallait faire ses courses le mardi. En vacances, on allait au 8 à 8 de Pouldreuzic, une riante bourgade finistérienne, car l'échoppe y vend des barres chocolatés pralinées artisanales à mourir. Par contre le Muscadet à 10 euros, fallait vraiment le vouloir.


Quand je vivais en Allemagne, nous remplissions le frigo chez Lidl et vraiment, c'était une joie hebdomadaire. Le Chardonnay australien remplissait, bon gré mal gré, son office et nous n'avons jamais eu à nous plaindre d'une rupture de stock de Schupfnudeln. Lumière blafarde, laitues molles et caisses ouvertes au lance-pierre, peu importe, nous nous contentions de cet état de fait: en Allemagne, on va à Lidl.

Ici, mes amis, on a trouvé le supermarché le plus cool de la Terre. Tout est bon, d'abord, souvent bio (alors qu'on s'en fout), les gâteaux au sirop d'érable, le cheesecake, les masala dosa. Les sachets en papier sont trop beaux, la musique est parfaite, les types qui rangent la bouffe sont tous tatoués, les caisses sont tenues par des jeunes qui ont des dread locks et quand il y a du monde qui afflue, un joyeux luron en chemise hawaïenne appelle ses potes en renfort à l'aide d'une clochette. Mieux que tout, il y a un Vouvray tranquille qui se laisse franchement déguster.


Question 1: où fais-je désormais mes courses?
Question 2: lequel de ces lieux de perdition incarne le pire capitalisme?

dimanche 6 novembre 2011

Bricolage et décroissance #3

Aujourd'hui, presque une semaine après mon premier Halloween américain sous la neige, une fois n'est pas coutume, j'ai recu des fleurs! Joie dans mon coeur qui s'est réchauffé un brin!

Malheureusement, j'ai eu beau fouiller la maison, je n'ai pas trouvé de vase... Alors en deux coups de cuiller à pot ciseaux, j'ai fabriqué mon propre vase Ming avec une brique de jus d'orange vide, qui allie garantie d'étanchéité (un atout majeur pour un vase) et couleurs fringantes.

mardi 11 octobre 2011

Boum

Hier, je me suis pété la gueule à la fin de la randonnée et je me suis égratigné le genou gauche pour la première fois depuis à peu près vingt ans.
Ca pique drolement.



On se rend pas compte quand c'est aux enfants que ca arrive et qu'on leur dit d'arreter de brailler comme des veaux vu qu'ils sont pas en sucre.

mercredi 28 septembre 2011

Jeu de mains, jeu de vilains

Ce jeu, gratuit et en papier, peut servir pour répondre aux questions enquiquinantes de manière ludique, innovante et polie. Exemples:

- maman, est-ce que les baleines respirent sous l'eau?
- est-ce que je peux avoir encore du jus d'orange?
- est-ce que je peux jouer à l'ordinateur?
- est-ce que la californie c'est un pays?
- est-ce que je serai vieille quand tu seras morte?
- on mange quoi ce soir?
- pourquoi DSK a fait un câlin alors qu'il connaissait pas la dame?
- y a quoi après trois mille milliards?
- est-ce que je peux avoir un nerf pour mon anniversaire?
- est-ce que je peux avoir un poisson carnivore alors?
- qu'est-ce que t'as dit à papa, j'ai pas entendu*?
- pourquoi les moustiques ils te piquent?
- je suis obligé de prendre une douche?
- est-ce que je peux garder cette pièce?
- est-ce que je peux avoir des cheez-it pour le snack?
- est-ce que tu peux me lire une histoire?
- est-ce qu'il y a de l'alcool là-dedans?

EDIT 29/9, 6h40:
- comment ça s'appelle déjà les trucs qu'on trouve dans le train?
- tu trouves pas que ça fait un peu beaucoup que toutes les femmes se mettent à accuser DSK, comme par hasard juste après une grosse affaire?
- est-ce que les papillons existent? mais ils ne parlent pas, parce que les ours peuvent se mettre debout comme nous, mais ils ne parlent pas, ils ne peuvent pas demander "je peux aller aux toilettes?", ils font "grouar, grouar".
- le roi des Etats-Unis il existe pas alors c'est la reine d'Angleterre qui existe dans le pays des Etats-Unis?

EDIT 29/9, 19h59:
- est-ce que tu peux me lire un chapitre ce soir?
- à quoi sert la conjugaison?
- est-ce que les autruches ont un oeil plus gros que le nôtre?
- pourquoi vous vous moquez de moi?








*(eh c'était fait exprès banane!)

dimanche 18 septembre 2011

Bricolage et décroissance #2

L'azerty s'est réveillé, je me sens mieux.

Pour continuer dans ma veine écologiste pointue, je vous présente le coquetier de la famille expatriée qui n'achètera pas de nouveau coquetier dans chaque nouveau pays.

Mais alors, comment profiter de délicieux énormes oeufs bios bruns extra-frais de la ferme qui est sur le chemin du sport, ce qui est pratique et pas cher (3.99$ les 12), en les mangeant à la coque mais sans avoir de coquetier?
Il suffit de découper la boîte d'oeufs et voici de jolis coquetiers en carton! C'est très pratique, on dirait que c'est fait pour!



A part ça, on a découvert Dunkin'Donuts. 

Après j'ai fait une heure et demie d'arc trainer.

lundi 12 septembre 2011

Bricolage et decroissance #1

Attention, inauguration du qwerty (l'azerty est mort ce soir).

En arrivant sur le sol americain, nous avons decide de mettre les points sur les i (a defaut des accents sur les e):

- nous n'irons jamais au macdo aux USA (au starbuck, je dis pas...)

- nous allons consommer differemment, a savoir moins et moins neuf (tous ceux qui ont eu une voiture rutilante a vendre en vitesse savent de quoi je parle)

- nous ne nous lesterons de rien que nous ne puissions ramener en soute.

Comme je n'ai qu'une parole pour au moins une semaine, voici une mise en oeuvre eco-responsable (un terme qui m'aurait donne des frissons il y a moins de trois mois): les jouets en carton recycle:

oh la belle cuisine integree!

regardez-moi la finesse du point!

un sens du detail pousse a son paroxisme

Quel bel ouvrage!
Alors ok, j'ai laisse tomber la couture (clic) et le tricot (re-clic), mais je sens que le carton et moi, c'est une affaire qui roule, pour le plus grand plaisir de ma fille et de ma planete!  (achevez-moi)



lundi 5 septembre 2011

Comme à la télé #4 (derrière le miroir)

Aux Etats-Unis, les motards ne portent pas de casques.

J'ai l'impression que les américains ont un grave problème de gestion de la poussière. Allergique, je souffre quotidiennement avec des peaux de couille qui me poussent dans les yeux (en somme, j'ai la cornée qui gonfle).
Question: suis-je tombée sur des cracras ou l'oubli d'épousseter et de passer l'aspirateur sous les meubles (voire sur les tapis) relève du sport national? -affaire à suivre-

D'après mon avocate, je ne peux pas parler par écrit de mon boulot; ça pourrait toujours ressortir et me faire du tort.

Ceci dit, sachez qu'aujourd'hui, quelqu'un que je connais depuis trois jours m'a fait un câlin.

Mais malgré tout, cette nouvelle rentrée commence bien, avec un Labor Day qui, galamment, a sucré le tout premier lundi.




dimanche 28 août 2011

Comme à la télé #3 (version CNN en continu)

Ah Irène!
Elle n'a pas encore commencé à pointer son nez ici, quoique les orages sont d'ores et déjà virulents, la pluie drue et le vent poussif.

Comme à la télé, on a rangé les meubles de jardin, rempli des seaux d'eau, préparé des plats qui se consomment sans cuisson (des cookies en fait, j'espère que ça suffira) (on a fait deux boîtes) (et puis il nous reste des Oréo et du Peanut Butter super crunchy, pour continuer dans la veine "comme à la télé").

On a chargé les ordinateurs, vérifié l'emplacement des lampes de poches et fait des réserves d'eau potable (ce qui ne fut guère aisé, d'autres y avaient pensé avant nous, vous avez du voir ça à la télé).

Une tempête comme à la télé donne également l'occasion à nos enfants de découvrir un nouveau lexique: se calfeutrer, fils enfouis (ou pas, justement!), évacuation, pénurie, coupure d'électricité, inondation, dépression, tempête post-tropicale, échelle de Saffir-Simpson...



Par ailleurs, ils tiennent les comptes des morts déclarés (10 à l'heure où j'écris ces mots pendant que Mario prépare mon thé), considérant que mourir d'une crise cardiaque sur son toit n'est pas tout à fait imputable à Irène, qui doit en revanche assumer les noyades ou les incendies.

Enfin, et ils sont très clairs à ce sujet, en ce qui les concerne, ils préfèrent mourir sans souffrir.

vendredi 26 août 2011

Comme à la télé #2 (version "Envoyé Spécial")

Un truc qui me chiffonne, c'est l'âge avancé de certaines personnes qui travaillent encore, notamment dans des supermarchés: il y en a qui ont au moins cent-dix ans.
On les voit à la caisse, au rangement des fruits et légumes ou alors pire, plantés debout des heures à la porte, leur rôle consistant à dire "bonjour, heureux de vous voir ici" ou "au revoir, merci d'être venu".



Quand tu t'inscris au sport, on te demande à quelle race tu appartiens. Comme y avait pas la race arabe pour Mario* et qu'on trouve que les races ça donne un genre chien, on n'a pas coché.

Payer 120$ une consultation médicale où tu ne vois qu'une infirmière, avec tout le respect que j'ai pour les infirmières, ça m'a paru étrange. De même que la maladie, inconnue en France (l'influenza! on dirait le nom d'une danse collé-serré!).

Dans ce pays, il y a des tremblements de terre, des ouragans et des tempêtes.

A la fin de Friends, il y a une coupure de pub et après la pub, il y a le générique de fin.

On peut boire de la bière qui porte le nom d'un héros de la guerre d'Indépendance. Du coup, je me prends à rêver d'une bière Robespierre. (et là, par acquis de conscience, je demande à Google, et figurez-vous que ça existe!)


Il y a aussi que toutes les personnes que j'ai vu faire le ménage (magasins, salle de sport, rue) étaient noires. J'en ai peut-être été davantage frappée du fait que je vis dans une ville où il n'y a pas de noirs: ici les gens sont très blancs (jusqu'aux cheveux) et portent des chaussures bateau, pour vous donner une idée. Sans vilain jeu de mot, c'est un peu le Cap Nègre des Bush.

Croyez-le ou non, les papillons volent super bizarrement. Ils battent des ailes trop vite, en fait.


vendredi 19 août 2011

Comme à la télé #1


Le lait et le jus d'orange par gallon. (comme dans Quoi de neuf, docteur?)


La petite partie de basket devant le garage, pour se défouler et parler de choses sérieuses pendant que maman fait chauffer l'eau des pâtes. (comme dans Le prince de Bel Air)

ah ben c'est pas gagné!

Un racoon au fond du jardin. (comme dans La petite maison dans la prairie)

Un article dans The Maine Sportsman, la lecture favorite de notre propriétaire, nous montre une photo fascinante d'une jeune fille avec un fusil accroupie devant une paire de cornes; voici la légende: 14-year-old Katelyn Lebreux of Biddeford, ME shot her first moose while hunting in Jackman with family and friends on october 12, 2009. (comme dans Les Simpson)

Nous tremblons dès qu'un enfant choit ou vomit; nous avons évidemment une assurance santé, mais flotte malgré tout au-dessus de nous une sorte de crainte perpétuelle du pépin de santé qui va nous ruiner. (comme dans Urgences)


Je tremble aussi quand un de ces énormes truck Ford croise ma roue lors de mon jogging matinal (remember, I'm an avide runner), car il abrite certainement un chasseur de moose qui a bu trop de Budweiser au petit déjeuner, qui va m'enlever, me torturer dans une grange et m'enterrer vivante. (comme dans Les experts Las Vegas)

Une voiture sur trois est comme ça!
Ma boîte aux lettres. (comme dans Desperate Housewives)



mercredi 17 août 2011

Blabla #1

"Je m'appelle Sanès et moi je m'appelle Sanina, nous sommes deux soeurs jumelles qui faisons du taboulé et je vais te couper oh non non c'est mon frère je t'en supplie oh oh tu m'as fait mal je veux me marier avec mon chéri mais tu n'as pas le droit!  mais qui vous êtes d'abord? je suis Marine Le Pen et je suis très méchante, je vais t'emprisonner. Je suis très petite tu le sais ça, oui, tu as dix-huit ans et elle est elle trop vieille alors si tu t'appelles Marine Le Pen, je me fâche, mais je ne suis pas méchante! elle monta d'un petit ruisseau à l'autre et se cacha, tu ne peux plus passer par là avec la petite corde qui se trouve en haut d'ici! je ne peux pas, car c'est trop loin! il faut marcher, mais je ne peux pas j'ai des trop petits pieds, alors mets tes talons, sois précieuse, on fait un essai? oh je me suis noyée, tant pis pour elle c'est la méchante! très bien, alors on enferma dans une cabane interdit de venir je l'emballe cette Marine Le Pen très méchante et cette fille est encore plus méchante que la vraie Marine Le Pen, vous verrez cette histoire avec des choses affreuses, le sorcier a dit qu'il ne faut pas l'oublier, très bien petit enfant, il faut bien me respecter, je suis un homme, je suis le sage de la forêt, eh eh tu connais cette chanson elle s'appelle Rock'n'roll et enfin ils vécurent très heureux et en fait il avait menti c'était elle sa soeur, elle s'appelle Saf c'est beau ça comme prénom? ma femme ma femme laissez-la tranquille, non je vais l'égorger non, je suis très belle comme ça? oui tu as de longs cheveux tu sais mais une façon méchante et ce n'est pas beau! donc je ne t'aime pas, accroche-toi à la corde si tu veux bien descendre, tu sais pourtant je suis très petite, alors accroche-toi à moi, plutôt fais comme ça, je ne suis pas très heureuse de faire ça en bas, ah mais on ne parlait pas de ça, si on parlait de ça, je m'accroche au fil, je tire la corde mais je ne le sens plus! alors je vais remonter! tu sais que c'est cette fois? c'est la belle qui s'est noyée, la pauvre! maman? en fait c'est la pas méchante qui s'est noyée! maman? maman? maman? pffff maman! t'as vu c'est très triste cette histoire! non non non c'est fleurial, t'es mon amour! heureusement qu'on n'a plus cette horreur, mon amour, je m'appelle Marine Le Pen c'est beau non? oh non c'est très moche!...."


Extrait d'une discussion de Joyeuse* avec elle-même, mercredi 17 août 2011, 19h23.

"Sanès , Thomas Voeckler  et Marine Le Pen"

mardi 16 août 2011

Nos premiers américains

Notre tout premier américain, un innkeeper, (patron de la pension ou nous avons passé nos premiers jours) est un americano-turc avec un balayage soleil et un sourire ultra-brite tout droit sortis d'un épisode de Desperate Housewives, mais aussi la personne la plus gentille de la terre. Ca me fait un peu mal au cul d'apprécier la gentillesse, mais là, je suis coincée.

Il y a eu aussi une cuisinière, venant de Caroline du Nord, qui nous a donné du brie qu'elle fabrique elle-même, une baguette, une challah et des fruits de sa ferme bio.



A la table du breakfast, au Inn dans lequel nous avons passé nos premiers jours, nous avons discuté avec des américains mais pas seulement:

- un type qui venait pêcher. Barbu blanc, 55/60 ans, face rubiconde. Sa femme n'a pas pu venir car elle était souffrante (a mon avis, elle avait juste pas envie de se farcir papy et sa gaule!). Il a essayé de nous dire qu'en France, les French toasts sont servis sans patates ou bacon, mais Mario* ne cessait de lui couper la parole pour lui donner la recette du "pain perdu with old bread"..

- une canadienne de Toronto avec ses deux petites filles; elle est architecte mais fait l'école à la maison à ses filles le matin. Elle aimerait passer une année en France, comme une amie le lui a proposé. L'amie vivant rue Montmartre, je lui ai conseillé d'accepter. La plus jeune des deux fillettes avait une drôle de tête.

- une prof de français à l'université de Malaga; elle finissait son road trip avec son mari allemand et son petit garçon. Elle a adoré New-York et Montreal, mais trouve que les espagnols ne se posent pas de questions sur la guerre civile et Franco, ça la révolte. Elle a finit sa thèse l'an dernier et porte un appareil dentaire.

- la mère de Bob, un gros nounours de 50 ans; elle a trouvé Joyeuse so nice and adorable, a visité souvent le sud de la France et Paris avec des groupes et la prochaine fois, c'est promis, elle saura dire autre chose que "bonnejouwr". Elle a bu un café crème, mangé des oeufs pochés et adoré son crispy bacon.

Maintenant je suis chez moi et j'écoute le journal de 19h de France Inter en buvant mon thé de midi.

dimanche 14 août 2011

Hey guys!

Alors, en vrac, et pour répondre à Ariana Lamento qui est de retour:

- on ne m'ôtera décidément pas l'idée que voler à plus de 10000 mètres d'altitude ça n'a rien de naturel, surtout quand on voit que ça fait 38000 pieds. Ca fait quand même beaucoup de pieds, je veux dire.

- l'aéroport de Boston est ridicule, au milieu de toutes ces maisons! que c'est dangereux! comme c'est affreux!



- il faut vraiment que je me remette sérieusement au jogging parce qu'apparemment mes employeurs ont cru que j'étais une marathonienne de haut niveau (an avide runner!) et en fait comme j'ai un peu passé le mois de juillet (et les douze autres mois d'avant) à pas fiche grand chose à part manger du fromage et boire du vin je fais moyennement illusion... (alors que j'ai juste mis "jogging" dans la section "intérêts" de mon CV pour faire dynamique entre arts et littérature)

- je comprends ce que les gens disent vachement mieux que ce que j'imaginais; en revanche quand je parle, ils me répondent en français.

- mon prénom sidère mes interlocuteurs (comme si "Tatum" était raisonnable!)

- avec Mario* on fait que glousser en se regardant dès qu'un truc nous paraît so american, exemple: "hi guys how are you?" n'importe où, les sirènes de flic (pourtant on n'est pas à New York, hein), les restos "lobster-pizza-hamburger" (même le "Corsican"), les magasins de bricolage ouverts 24/24, les cimetières ouverts et les drapeaux devant les portes (ce dernier point a beaucoup étonné les enfants).


- la conduite me fait halluciner, je ne saisis ni logique ni efficacité (surtout cette histoire de feu rouge sauf si tu tournes), il faudra que je fasse un point de comparaison avec la conduite à l'allemande...



- depuis notre arrivée je n'ai mangé et bu que des trucs sains (une challah maison, de la salade avec des cranberries, de l'eau -!-), par contre au Inn, les cinammon french toast avec potatoes and bacon, ça me laisse pantoise.

dimanche 31 juillet 2011

Transit #4

Le début de la fin
J'ai dit adieu à Paulette, la pute fille du GPS, et à son accoudoir central réfrigéré qui conservait le chocolat en état en été.

Couille molle
Je dois absolument aller me faire prescrire du Lexomil ou du Xanax.




Actualité
Le crash du vol Rio-Paris c'était à cause des pilotes inaptes à leur métier alors ça veut tout dire.


Deuil
Maman et moi sommes allées faire un tour chez mamy. J'ai jeté deux sacs poubelle de pots de fromage blanc Câlin vides qu'elle conservait dans les placards de sa cuisine. On a trouvé dans son salon une sorte de bougeoir constitué d'un coeur en verre, avec des fleurs roses à l'intérieur, et avant de rentrer on l'a posé sur sa tombe, avec la petite bougie rose en forme de fleur qui brûlait; on lui a raconté que sa voisine cul-béni va assister en septembre au mariage de son petit-fils avec une musulmane, mais on lui a pas dit qu'elle le prenait bien.
Sinon, on a pris ses vases Ming et son Gauguin, emmené son petit congélateur et son rocking-chair. On a donné des tas de sacs pleins de ses vêtements à Caritas. On a juste gardé son dernier manteau. Ses dents sont toujours dans le bureau de ma mère (elle n'avait pas réussi à les lui remettre), et les enfants demandent parfois à les voir.
Chez elle, j'ai aussi récupéré des tas de bouquins, principalement des Balzac ou des romans policiers, et c'est ce que je lis en ce moment.
Ils sentent le vieux, ou la mort, au choix.





mardi 19 juillet 2011

Hommes perdus, cheveux gras #5

Google est un merveilleux outil, qui s'est donné comme mission d'« organiser l'information à l'échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile ».
De nombreux visiteurs de ce modeste blog arrivent par le biais de requêtes adressées à Google.
En voici quelques unes.


discipliner sa femme: Ca commence bien! Vous ne le savez peut-être pas, mais la discipline et moi, ça fait trente-six, alors si j'avais une femme, je ne saurais certainement pas la discipliner, donc je ne peux malheureusement pas vous aider.

baiser la salope de mome de onze ans: quelle horreur!

facebook groumbel: à vos souhaits!


photomathon du vagin danemark: Franchement ça m'étonnerait que ça existe, des photomatons pour vagin. Même au Danemark!

pediatrie et gériatrie: vous me rappelez là de bien mauvais souvenirs passés dans ces services... Ces lieux inhospitaliers ne devraient pas exister, voilà ce que j'en dis.

femmes affreuses et sales: tout ce que je peux en dire, c'est qu'il y en a dans le Nord et dans mon voisinage.

punky top pucelle photos: je ne comprends pas ce que vous cherchez. Ce qui m'amène à dire que quelle que ce soit votre requête, elle ne sera pas satisfaite ici (enfin j'espère).



son corsage dénudé sa poitrine difforme: oh! un poète! ça n'arrive pas si souvent!


mémoires d'une jeune fille rangée simone de beauvoir extra: je suis bien d'accord! 


prépuce sal: eh bien si vous le faisiez couper, ça éviterait bien des problèmes; et puis c'est plus joli.


chinois grimace: vous êtes arrivés sur la photo suivante, et je ne m'explique pas pourquoi vous n'avez pas plutôt tapé "président mon cul"?


dimanche 17 juillet 2011

Transit #3

Fête de la fédération
Pour la première fois de ma vie j'ai regardé les défilés du 14 juillet à la télévision; Mario* cherchant son frère (j'ai vu son oreille), ma mère cherchant mon frère (j'ai vu sa joue). Notez que moi je m'en fichais bien de tous ces connards fanfarons en képi.
Ceci dit un défilé de légionnaires en tablier de boucher, barbe et hache sur l'épaule, ça vaut le détour: pensée émue pour la pauvre Eva Joly qui ne comprend rien à la beauté des traditions françaises dixit Fillon.

un bien bel exemple de la cohésion nationale 

En attendant d'apercevoir un morceau de l'anatomie des héros de la famille (un ange passe), on a quand même bien rigolé en voyant la prestation des militaires de Wallis et Futuna, parce que j'ai fait des blagues de circonstance super nulles et discriminatoires (en rapport avec la sexualité des gens qui portent des colliers de coquillages et les noms de groupes ringards des années 80).

Gibon ou girafon?
J'ai bien remarqué, mon fils commence à entrer dans une phase de croissance problématique. Je trouve ça émouvant, beau et effrayant, tous ces membres dégingandés, tous ces bras, toutes ces jambes, tout ce cou (sans parler des poils).

Tri
Nous devons affiner nos valises, trop encombrantes, trop lourdes. Des choix déchirants doivent être faits et la perspective d'une arrivée en terre inconnue sans le minimum vital m'affole. J'accepte néanmoins de sacrifier quelques paires de chaussures.

Le minimum vital
La tasse "I love Tintin" de Léonard*, un cadeau pour sa rentrée au CP.
Le bol de danseuse de Joyeuse*, qu'elle a acheté elle-même à Müller avec les sous de son nombril.
Le livre "Les 1001 tableaux qu'il faut avoir vu dans sa vie" (notre performance à nous). Mais putain qu'est-ce qu'il est lourd!

Urgence
J'arrête là, il faut que je pisse.

mercredi 13 juillet 2011

Transit #2




L'opticien
A l'occasion de l'achat de nouvelles paires de lunettes pour les deux ultra-myopes de la famille (mon fils et moi), nous avons discuté avec le jeune vendeur qui a fini par nous supplier de lui envoyer de la root beer, et on a accepté.

Méchante
En fait c'est Mario* qui a accepté, moi j'en ai rien à foutre de me faire chier à envoyer un colis avec une boisson dégueulasse à un connard d'opticien dont le pendentif en or traîne dans les poils épars dépassant de sa chemise mal boutonnée.

La promiscuité
Vivre dans la crasse et les uns sur les autres commence à porter ses fruits, et du 11 juillet 22h au 12 juillet 18h, Mario* et moi étions au bord du divorce. Des mots terribles et définitifs ont été prononcés (mais étouffés dans mon oreiller).



Midnight in Paris
Nous nous sommes réconciliés au cinéma, devant un film plus que parfait (malgré un rôle de guide touristique débile): Woody Allen, Paris, Cole Porter, Picasso, les années 20, une drôlerie hallucinante et plus que tout: de l'uchronie. Après avoir été émus des derniers mots du film se rapportant au prénom de notre fille chérie, Mario* et moi nous sommes promenés le coeur léger, le sourire aux lèvres et tendrement enlacés sous un ciel plein de promesses.

Moules-frites
Un certain compte à rebours commençant, la tournée des adieux est lancée, autour de mon plat préféré.

Vision d'horreur
L'autre jour, histoire de lui faire découvrir l'usage d'un sèche-cheveux et les joies de la futilité, j'ai coiffé ma mère et je lui ai mis mon rouge à lèvres. On aurait dit moi vieille.


dimanche 10 juillet 2011

Transit #1

Le déménagement
Un jour je vivrai comme une ermite, je me détacherai de tout bien matériel et n'aurai pour tout bagage que mon passeport et une culotte propre.

La famille
L'appartement de ma mère est vraiment dégueulasse. Je me souviens à cette occasion que c'est elle qui m'a initiée aux comédies italiennes des années 70, si vous voyez ce que je veux dire. 
Avantage: on n'a pas peur de salir.
Inconvénient: espérons que les germes ne nous atteignent pas avant le départ.

Mon frère et moi nous sommes disputés à cause de dix euros.

Pas de nouvelles de ma soeur (celle des procès de Nuremberg).





Paris Capucines
La dame de la poste boulevard des Capucines était super gentille. 
En revanche j'ai été vexée par la drague lourdingue et maladroite de son collègue côté banque (il me trouvait si jeune). Lui-même a été gêné quand Mario* est arrivé (il a dû le trouver si grand).

L'ambassade
Le type de l'entretien pour les visas était un américain cultivé et drôle, ce qui m'a fait paniquer parce que du coup, pensant que les américains n'étaient ni cultivés ni drôles, je n'ai pas tout de suite compris sa blague sur mon nom de famille. 

La cousine
J'ai observé quelqu'un qui a mis quatre heures à faire un gâteau (en oubliant le sucre), couper un demi-concombre et deux tomates (pour six), cuire des patates surgelées (au four) et réchauffer de la viande déjà préparée. Le tout sans alcool. 

Les voitures
Je vends toujours un Grand Scenic 7 places 2010 (prix imbattable! nombreuses options! GPS Europe!) ou une Clio 2002 (5 portes! la clim!), ce qui commence à m'inquiéter.

Woody Allen
Pas moyen de remettre la main sur le carton de DVD, mais Midnight in Paris reste programmé dans mon cinéma (à 18h seulement).



mercredi 22 juin 2011

Performances #2

Hier, à l'occasion de divagations sur ma chevelure de performeuse, mon esprit vagabond s'est rappelé ce fameux happening moisi d'Yves Klein.

Vêtu en chef d'orchestre comme tout bon mâle dominant qui se respecte, et sous prétexte de manier la matière et la couleur, voici l'Artiste qui mate et manipule un tas de délicieuses jeunes femmes nues (ou pinceaux à nichons), les badigeonnant de peinture avant de les jeter à même le sol pour qu'elles fassent rouli-bouli sur la toile.

Le tout devant un caméraman qui a le sens du cadre (et du gros plan qui tue) et un public de bourgeois s'encanaillant les sens au son moelleux des violoncelles.



Révolution bleue mon cul.

Si la mauvaise foi me laisse toujours pantoise, elle m'inspire, alors aujourd'hui, moi aussi je vais confondre le pinceau vivant (mon corps nu), le sujet (la stabilisation de la matière) et l'objet (un bon bain moussant senteur jasmin).

Le présent message est le meilleur medium capable de marquer dans une trace pourtant virtuelle le souvenir de cet évènement qui va révolutionner l'organisation de mon déménagement, par la terrible équation : 1 bain = 0 carton.