Aujourd'hui, je vais parler de mon mari, avec qui, soit dit en passant et bien que l'idée de l'amour éternel me fasse frémir, j'ai eu l'honneur de convoler en justes noces deux fois, ce qui me permet de me rapprocher de Liz Taylor, une sacrée bonne femme, bien que décédée.
Il est très poli, et tout et tout mais son
problème, c'est son air délicieusement exotique, on sait pas trop d'où.
Ca peut lui jouer des mauvais tours...
- en janvier 2010, à Prague, dans le quartier du château, vers la petite rue de Kafka, cinq mastodontes urkainiens (au moins) l'ont fait reculé avec des mouvements inquiétants dans leur poches intérieures, sur le trottoir, pour protéger le passage d'un dignitaire de la mafia ouzbèque (au moins) accompagné de sa poule en fourrure véritable. On a eu vachement peur. Bon après, on a rigolé, parce qu'on est du genre à bien se marrer mais quand même, ça fait bizarre (je précise que mon mari portait une petite fille en doudoune rose sur les épaules, pour donner un aperçu de la scène plus complet).
- d'après un type du Consulat français de Munich, il doit très vite trouver le moyen de se faire faire un certificat de nationalité française, vu que comme il est français et fonctionnaire de l'état, avec carte d'identité, passeport, et parents français depuis 1830, ça pourrait bien lui jouer des tours un de ces jours tous papiers en règle, vous voyez. On n'est jamais trop prudent, il a dit, le type de Munich. (moi c'est pas la peine, par contre, parce que
ça se voit, que je suis française; le délit de faciès requiert une rare subtilité)
- on perd souvent du temps si y a des gendarmes ou la douane volante aux péages ou dans les gares, pendant les vacances, parce qu'avec ce beau soleil et l'ambiance estivale, ils aiment bien discuter avec lui 5 minutes, histoire de.
Mais parfois ça lui joue de bons tours!
- toujours à Prague en janvier 2010, on a eu une petite visite guidée de l'ancien ghetto par une délicieuse dame juive qui l'a pris pour un pèlerin israélien; notez qu'elle se fichât royalement que finalement pas.
- ça donne toujours un bon sujet de conversation avec les nouvelles rencontres: "Et alors, Nasreddine*, d'où viens-tu?", ce à quoi il répond avec malice "de Lorraine, et toi?".
- ça donne aussi des idées de menu quand on invite quelqu'un: "Ah tiens des Saint-Jacques? oh ben on pensait manger une tajine, nous!" (
ndlr: il a jamais mangé de tajine, c'est plutôt couscous chez eux).
... et d'autres fois encore, ça ne lui joue pas de tours du tout!
car c'est tout petit, mais quand on fait des réservations d'hôtel, resto, appartements...
on donne mon nom, au cas où.