vendredi 1 septembre 2006

Un truc que je déteste sur la grossesse #2


vasteJe hais avoir l'impression que je n'en sortirai jamais, de cette lourdeur animale, de cette vastitude éhontée, de cette démarche pachydermique et de ces chevilles gonflées.
Personne ne croit plus qu'en réalité je suis mince à l'intérieur; et pourtant je le suis, je vous assure!

A dire vrai, je fais même un peu peine.

Illustration issue de l'album Les Frustrés, Claire Brétécher.


jeudi 31 août 2006

Un truc que je déteste sur la grossesse #1


ohcmignonJe hais que des inconnues (oui ce sont surtout des femmes), me sourient béatement dans la rue, le visage légèrement penché sur le côté pour que je ressente mieux leur empathie, sensément, en portant un regard attendri sur mon ventre insolemment rebondi.

Ca me donne toujours l’impression que mon utérus fait partie du patrimoine public. Ce qui est absolument dégueulasse, vous en conviendrez.


lundi 7 août 2006

Madame B. remet son soutien-gorge


joliepierreOu comment
profiter de la vie le temps
d'un week-end avant
de perdre toutes ses dents
à l'âge canonique de quarante
et sept ans















Illustration de Dacos "Mme B enlève son soutien gorge".

mardi 1 août 2006

La saga de l'été #12 partir dans la tendresse, ou un dernier câlin et au lit



saga12On peut ne plus donner de nouvelles, faire semblant de vouloir se jeter par la fenêtre du quatrième, ou se cracher au visage en brisant les vases en verre de Murano et hurlant des insanités en créole.
C’est grand train.

Ou bien se câliner avec modestie, ronronnant contre son corps encore familier, pour évoquer dans la chaleur molletonnée de ses bras velus les doux moments qui appartiennent au passé, et partager le mobilier Ikea, et se promettre de rester copains.
C’est petit train.

Sans vouloir juger qui que ce soit, les méthodes petit train, c’est bon pour les bêtes poilues qui se nourrissent de Whiskas chaton, de moucherons, ne se lavent jamais les dents et font leurs besoins dans des caisses en plastique pleines de gravier parfumé au chèvrefeuille.

Et puis, ventrepute ! Qu’elles apprennent à rester à leur place, ces diables de chattes lesbiennes qui nous lacèrent les pieds la nuit et se délectent de mes chignons comme d’une boule de laine alpaga!
On n’en a plus rien à foutre de leur vie amoureuse !
Abandonnons donc ces deux connasses sur les sentiers venteux d’une lande aride, face à la mer, avec pour seul destin une chute merdique dans les roches acérées de la pointe du Van.
Adieu les filles, que votre romantique trépas vous mène vers un monde plus doux et nous libère enfin du joug infâme de votre dictature odoriférante et sexuellement déviante...
J’ai dit : adieu.

lundi 31 juillet 2006

La saga de l'été #11 prête à tout


saga11Est arrivé le jour de l’intense sentiment de décrépitude, de gâchis, de temps perdu.
Les mouvements vains de l’univers sont les témoins d’une sournoise passivité de la dégradation d’une relation qui pourtant faisait frémir le moindre de leurs poils, et jamais aucune des deux chattes, si enamourées et insouciantes il y a peu, n’aurait parié sur une fin si absurde.
Ca surprend toujours, mais l’heure inéluctable qui nous rapproche du tombeau, et à tout le moins de la ménopause, a sonné, et une tristesse au goût de mou empoisonne désormais le couple.
Bousculée dans ses certitudes, Cléopâtre décide pourtant de s’acharner, et Isadora de se laisser faire: c’est une simple question de délicatesse.

dimanche 30 juillet 2006

La saga de l'été #10 l'intimité partagée




saga10Une relation qui mûrit, c’est tout un monde partagé à deux. Connaître par cœur ce qui déclenchera l’hystérie sexuelle chez l’autre ; ne plus cacher que l’on fait pipi sous la douche et que c’est rigolo car ça réchauffe quand ça coule le long des jambes; partager sa cuiller de Nutella, le soir, devant la télé ; ne plus courir en douce à la salle de bain, le matin, pour se laver les crocs ou se maquiller avant de faire semblant de se réveiller ; arriver en retard de deux heures sans prévenir.

Pour certains, c’est le Wallalah, un monde merveilleux béni des Dieux, le début de tout, une joie sereine et un équilibre enfin trouvé.
Pour d’autres, c’est l’hallali, la descente dans l’enfer du quotidien, l’ennui et le désespoir d’un laisser-aller qui sent le moisi et les croquettes.


samedi 29 juillet 2006

La saga de l'été #9 french kissing


saga9Quand elles s’embrassent c’est beau, simple et d’une conne évidence, comme une chanson de Jean-Louis Murat.

- C’est pas grave si tu piques un peu, dit l’une, j’aime bien, on dirait un homme.
- Mais toi tu es si douce, oh comme je t’aime, répond l’autre.
- N’importe quoi, je suis une grosse vache.


vendredi 28 juillet 2006

La saga de l'été #8 féline experte


experteEclatante de compétence, l’exaltation des sens n’a pas de secret pour Cléopâtre, initiée aux joies de la luxure par un fermier solognote, un coquin cultivateur de pommes portant beau, même à soixante ans passés, et surnommé Gérard-membre-d'or.
Isadora ne se lasse pas de savourer ces instants précieux dans la vie d’une femme, quand elle sait que le temps a passé et qu’elle ne peut plus risquer de perdre sa chance.
Son droit au bonheur, elle le savoure avec le fougueux enthousiasme de sa belle maturité, et quand les lèvres satinées de son amour l’approchent, ça sent l’herbe coupée, le melon d’eau, et la guitare manouche.