L'attraction terrestre étant ce qu'elle est, des femmes d'esprit ont depuis la nuit des temps tenté de contrer le cycle infernal de la nature, mettant au point de judicieux exercices gymniques destinés à pérenniser le maintien altier du bien le plus précieux de leur corps soumis aux aléas de la nature.
Le système proposé aujourd'hui, aisé à reproduire chez soi et sans surcoût puisqu'il ne nécessite pas l'acquisition de matériel spécifique et onéreux, nous vient de la ville de Manaus au Brésil, célèbre au XIX ème siècle pour son commerce de l'hévéa et son grand opéra. En effet, les épouses des seringueiros, ouvriers spécialisés dans la collecte du caoutchouc amazonien, ont développé, sur la base d'un mélange de culture européenne savante et de coutumes indigènes, un modèle de développement du sein bien particulier.
L'exercice consiste en un déploiement vers l'arrière, le dos reposant sur un petit repose pied (mais on peut tout aussi bien se cambrer au bout d'un lit, d'une méridienne, ou d'un canapé en velours côtelé), permettant un basculement sauvage des épaules et de la tête, tête qui peut éventuellement reposer sur un petit coussin de fortune, comme nous le suggère fort judicieusement la jeune femme sur la photographie.
Ainsi, le sens naturel de la pesanteur s'en trouve déjoué, quoique, in fine, l'efficacité de ce système dépende bien évidemment de votre capacité à tenir dans cette inconfortable position des heures durant.
mardi 5 septembre 2006
Modèle de développement par substitution
lundi 4 septembre 2006
Téton Nespresso
Agnès Sorel, ou le sein jeune et dissolu
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.
samedi 2 septembre 2006
Un truc que je déteste sur la grossesse #3
Hier, l’ami, c’était la pré-rentrée.
C’est un concept propre à l’Education Nationale, qui prépare son troupeau au retour avec douceur, car le traumatisme est intense après deux mois sans rien faire. Cette journée est marquée par le rythme haletant de la réunion sur les photocopies, la présentation bruyante des nouveaux collègues, l’humiliation publique du représentant syndical par le proviseur et l’apéritif déjeunatoire (Badoit et beaucoup de cornichons en ce qui me concerne, rosette et pinot gris pour les autres, association que je ne cautionne d’ailleurs pas).
A l’occasion de cette fameuse journée, j’ai donc été saluée par une centaine de personnes dont plus de la moitié ne connaissait pas mon prénom, pourtant charmant et dont l’originalité fait qu’en règle générale on s’en souvient bien, mis à part les vieux libidineux attendrissants qui s’acharnent à m’appeler Aliénor, Pénélope, ou, tout dernièrement, Ségolène.
La plupart des personnes présentes, pourtant éminemment cultivées, m’ont asséné avec un ferme engouement frisant l’hystérie: « Bonjour ! bonne rentrée ! Oh la la ! comme elle est belle ! et c’est pour quand ? ».
C’était consternant et j’ai difficilement décrispé mes sourires agacés.
Je veux dire, d’un point de vue grammatical, il n’y a rien à redire, mais je suis désolée, on ne dit pas aux gens qui font treize kilos de trop qu’ils sont beaux. Et d’ailleurs ce n’est pas le genre de choses que l’on déclare crûment sans envisager de coucher sexuellement avec la personne concernée par le compliment (en tout cas, moi, c’est comme ça que je signifie mes ambitions en ce domaine). Et puis on ne leur demande pas avec une joie non feinte à quel moment exactement ils vont se décider à redevenir des tromblons, en perdant leur valeur ajoutée au bout de nombreuses heures de souffrance insoutenable.
Voilà tout.
Sinon, à propos du personnel de l’E.N. et d’un point de vue sociologiquement intéressant, j’ai noté hier un autre problème de poids. Je me targue de n’avoir pas plus d’a priori sur les femmes de ménage que le tout venant, cela dit, il est intéressant de noter que ce sont surtout elles qui me touchent le ventre sans demander la permission (que je n’accorderais pas, au demeurant, cela va sans dire, alors d’un sens elles font bien de passer outre la plus élémentaire des politesses si elles tiennent vraiment à me flatter les flancs).
Attention, ne vous méprenez pas, je fais partie du peuple de gauche, personne ne saura le nier, d’ailleurs je partage la vie d’un maghrébin, et je suis farouchement robespierriste ; c’est tout dire.
Il n’empêche, que ce sont elles qui m’ont tripoté d’abondance, et j’étais très fâchée, et un peu dégoûtée aussi.
vendredi 1 septembre 2006
Un truc que je déteste sur la grossesse #2
Je hais avoir l'impression que je n'en sortirai jamais, de cette lourdeur animale, de cette vastitude éhontée, de cette démarche pachydermique et de ces chevilles gonflées.
Personne ne croit plus qu'en réalité je suis mince à l'intérieur; et pourtant je le suis, je vous assure!
A dire vrai, je fais même un peu peine.
Illustration issue de l'album Les Frustrés, Claire Brétécher.
jeudi 31 août 2006
Un truc que je déteste sur la grossesse #1
Je hais que des inconnues (oui ce sont surtout des femmes), me sourient béatement dans la rue, le visage légèrement penché sur le côté pour que je ressente mieux leur empathie, sensément, en portant un regard attendri sur mon ventre insolemment rebondi.
Ca me donne toujours l’impression que mon utérus fait partie du patrimoine public. Ce qui est absolument dégueulasse, vous en conviendrez.
lundi 7 août 2006
Madame B. remet son soutien-gorge
Ou comment
profiter de la vie le temps
d'un week-end avant
de perdre toutes ses dents
à l'âge canonique de quarante
et sept ans
Illustration de Dacos "Mme B enlève son soutien gorge".
mardi 1 août 2006
La saga de l'été #12 partir dans la tendresse, ou un dernier câlin et au lit
On peut ne plus donner de nouvelles, faire semblant de vouloir se jeter par la fenêtre du quatrième, ou se cracher au visage en brisant les vases en verre de Murano et hurlant des insanités en créole.
C’est grand train.
Ou bien se câliner avec modestie, ronronnant contre son corps encore familier, pour évoquer dans la chaleur molletonnée de ses bras velus les doux moments qui appartiennent au passé, et partager le mobilier Ikea, et se promettre de rester copains.
C’est petit train.
Sans vouloir juger qui que ce soit, les méthodes petit train, c’est bon pour les bêtes poilues qui se nourrissent de Whiskas chaton, de moucherons, ne se lavent jamais les dents et font leurs besoins dans des caisses en plastique pleines de gravier parfumé au chèvrefeuille.
Et puis, ventrepute ! Qu’elles apprennent à rester à leur place, ces diables de chattes lesbiennes qui nous lacèrent les pieds la nuit et se délectent de mes chignons comme d’une boule de laine alpaga!
On n’en a plus rien à foutre de leur vie amoureuse !
Abandonnons donc ces deux connasses sur les sentiers venteux d’une lande aride, face à la mer, avec pour seul destin une chute merdique dans les roches acérées de la pointe du Van.
Adieu les filles, que votre romantique trépas vous mène vers un monde plus doux et nous libère enfin du joug infâme de votre dictature odoriférante et sexuellement déviante...
J’ai dit : adieu.